Je dois bien l’avouer ce format de photographie me plaît bien. Pour deux raisons, entre autres.
La poésie qui émane d’une photo panoramique en est la première raison. Elles provoquent une émotion, un plaisir que j’apprécie. Alors pourquoi donc s’en priver.
La deuxième raison est technique. Je ne suis pas très doué en physique ou en géométrie, mais il me semble qu’une photo panoramique induit une perspective inversée. Si bien que le centre dynamique d’une photo n’est plus le point de fuite autour duquel tout concoure. Au contraire, et je pense que c’est plus naturel, le point central de la photo devient l’œil du photographe, au point que tout le paysage, devant, à gauche, à droite, en bas, en haut, tous les points de vue n’en font plus qu’un et se rejoignent en un seul, lui-même. Comme si le photographe, en le choisissant, faisait évoluer son paysage, que ce paysage dépendait de lui. À ce titre, il devient vraiment l’expression artistique de son auteur. Cela me semble plus naturel parce que chaque mouvement de nos yeux effectue en fait ce travail perpétuellement. La photo panoramique prétend seulement rassembler et fixer tous ces mouvements en un moment statique.
Point n’est besoin de « reproduire » la réalité telle qu’elle est (c’est une illusion que de le croire possible), il convient seulement de déterminer un paysage par la position de celui qui le photographie afin de susciter justement l’émotion. Ceci pour harmoniser ces deux raisons.
Aurais-je pu ne pas présenter de nouvelles vues de Ukimido ? Alors voilà. Mais je vais innover en ce sens que je vais vous laisser apprécier une carte géographique présentant le point de vue habituel de cette photo... Nous apprécions la douceur éphémère de l’été, tandis que l’hiver commençant laisse poindre la lumière vacillante au fond de la nuit.
La superposition de la zone rougeâtre correspond habituellement à l’étendue de la prise de vue. À vue de nez, elle s’étend sur un angle de 140° environ, soit plus que l’angle habituel de la vue humaine. En conséquence, pour embrasser un tel paysage, il est nécessaire de tourner la tête de gauche à droite car d’un regard seul, ce n’est pas possible. Ainsi on peut comprendre que la photo panoramique rassemble en un instant plusieurs instants successifs : elle est une création pure de son auteur.
Lorsque je lis des articles sur les photos panoramiques, elles sont souvent définies par leur format. Nous sommes habitués au format traditionnel 24x36, soit un équilibre autour des 2 tiers par 3 tiers, horizontalement ou verticalement, quelle que soit la focale de la photo d’ailleurs. Or il y a une multitude de formats auxquels nous commençons à être habitués, tels que les formats de télévision. Un écran plat 16/9 tend vers une image plus large, mais c’est encore un format standard. Un pas de plus a été franchi récemment par Apple en proposant des écrans 16/10. Alors là, j’applaudis des deux mains. C’est à ma connaissance la première fois qu’un écran est disponible à la quasi-proportion du nombre d’or (1618/1000). Mais quelque soit la proportion des images, on ne peut pas les qualifier de « panoramiques » car elles ne s’émancipent pas de ces formats traditionnels. Une photo panoramique est censée dépasser ce format dans une proportion inhabituelle. 2 pour 1 au minimum, ou 3 pour 1 etc.
Ainsi en est-il de cette photo du Komagataké, ou de ce village de glace à Monbetsu.
En fait je ne suis qu’en partie d’accord avec cette définition car elle ne prend en compte qu’un axe sur les deux. Si l’on considère une photo prise à 180° horizontalement avec une focale standard de 35 à 50 mm, alors effectivement une succession de 4 ou 5 clichés sera nécessaire pour assembler le panorama. Mais pourquoi ne pas opérer le même mouvement verticalement sur un angle de 120° par exemple ? 5 rangées de 5 photos nous obtiendraient un panorama construit selon les deux axes vertical et horizontal, mais aussi d’un format final traditionnel comme ces rizières Balinaises en sont l’exemple.
















